La Ville au Blanc & Les Mortiers : L'Horizon Dégagé du Vertou Vigneron
Si le Portillon regarde la rivière et la Grammoire regarde son parc, le quartier de la Ville au Blanc et des Mortiers, lui, regarde vers le large. Situé aux confins de la zone urbanisée, là où la ville commence à céder le pas à la campagne, ce secteur incarne la transition douce entre la métropole nantaise et le Vignoble.
C'est un quartier de lumière et d'espace. On y respire différemment. Loin de l'encaissement de la vallée de la Sèvre, nous sommes ici sur le plateau, sous un ciel immense qui annonce déjà les plaines du Pays de Retz et du Clissonnais.
Pour comprendre l'âme de ce quartier, il faut décoder son nom. La Ville au Blanc n'était pas une "ville" au sens moderne, mais un "écart", un gros hameau historique. Ce nom évoque une ruralité ancienne, peut-être la couleur de la pierre calcaire ou la luminosité particulière des lieux.
En se promenant dans le cœur historique de la Ville au Blanc, on retrouve cette trace indélébile : d'anciennes fermes basses (les longères), des murs de pierres sèches, et parfois, au détour d'un jardin, la silhouette d'un vieux pressoir reconverti ou d'un puits mitoyen. Ces éléments racontent une époque où le rythme de vie était dicté par les saisons de la vigne et les récoltes. C’est un quartier qui a les pieds dans la terre.
Le secteur des Mortiers, qui s'y articule, prolonge cette histoire tout en l'ancrant dans la modernité. Le terme "mortier" faisait souvent référence à des terrains argileux ou humides, propices à la construction. Aujourd'hui, c'est devenu un symbole de solidité résidentielle.
L'esthétique de ce quartier est celle d'un "rurbain" réussi (mélange de rural et d'urbain). Ici, pas d'immeubles de grande hauteur venant barrer l'horizon. L'architecture est horizontale, cherchant à épouser la planéité du plateau.
Le quartier offre un patchwork architectural fascinant. Vous verrez cohabiter la maison de vigneron traditionnelle, trapue et rassurante, avec des pavillons des années 1980-90 aux vastes jardins, et des constructions très contemporaines, aux toits plats et grandes baies vitrées, venues chercher ici ce qui manque au centre-ville : de l'espace.
Car c'est bien le luxe de la Ville au Blanc et des Mortiers : les parcelles y sont souvent plus généreuses. Les jardins ne sont pas de simples carrés de pelouse, mais de véritables vergers, des potagers productifs, des espaces où l'on stocke du bois pour l'hiver. On sent que les habitants ici ont un rapport plus utilitaire et passionnel à leur extérieur.
La véritable magie de ce quartier réside dans sa lisière. En marchant vers l'extérieur du quartier (vers le sud ou l'est), les maisons s'espacent et, soudain, le paysage s'ouvre brutalement : les vignes.
Nous sommes aux portes de l'appellation Muscadet Sèvre et Maine. Les rangs de vignes s'alignent à perte de vue, graphiques et changeants selon les saisons : squelettiques et brumeux en hiver, vert tendre au printemps, dorés à l'automne.
Vivre à la Ville au Blanc, c'est vivre au rythme des vendanges. En septembre, l'air porte parfois cette odeur douceâtre et fruitée du raisin pressé. C'est un quartier qui change de couleur. Il offre aux promeneurs un spectacle permanent et gratuit : le coucher de soleil sur les vignes, un incendie visuel que rien ne vient obstruer.
L'éloignement relatif du centre-ville de Vertou (bien que rapide en voiture ou à vélo) a créé ici une sociabilité particulière. L'ambiance y est celle d'un village indépendant.
C'est le quartier des voisins qui se connaissent. Les impasses et les raquettes de retournement des lotissements des Mortiers deviennent, le soir venu, le terrain de jeu sécurisé des enfants. Il y règne une tranquillité laborieuse la semaine et une convivialité détendue le week-end.
On y sent moins le "chic" bourgeois de la Grammoire, mais davantage une authenticité chaleureuse. C'est un quartier pragmatique, habité par des familles actives qui cherchent le calme sans l'isolement, et par des "anciens" qui ont vu les vignes devenir jardins.
Pour les amateurs de marche et de vélo, la Ville au Blanc - Les Mortiers est un point stratégique. Ce n'est pas un lieu de promenade "parc" comme ailleurs à Vertou, c'est un lieu de départ pour l'aventure campagnarde.
C'est d'ici que l'on s'élance pour les grandes boucles de randonnée à travers le vignoble. Les chemins de terre (les "carraires") partent directement du bitume des rues résidentielles pour s'enfoncer dans les champs. On y croise des VTTistes couverts de boue, des coureurs de fond préparant un trail, et des promeneurs de chiens profitant de l'immensité des champs.
La nature ici n'est pas domestiquée par des jardiniers municipaux ; elle est agricole, vivante, parfois brute. On y observe des lièvres décaniller à l'aube, des buses planant au-dessus des toits à la recherche de proies dans les champs voisins.
En résumé, le quartier Ville au Blanc – Les Mortiers est le gardien de l'identité rurale de Vertou. C'est un quartier sans prétention mais plein de caractère, qui refuse de choisir entre le confort de la ville et la liberté de la campagne.
Il plaira à ceux qui étouffent dans les rues trop étroites, à ceux qui ont besoin de voir le ciel toucher la terre, et à ceux pour qui le luxe n'est pas une vieille moulure au plafond, mais la possibilité de partir marcher dans les vignes en ouvrant simplement son portail. C'est le Vertou "grandeur nature".